Voici la suite probablement tant attendue (!) de ma liste des livres préférés que j'ai lu en 2007. J'indique sous chaque titre la raison pour laquelle j'ai aimé ce livre:
8- Thomas De Koninck, De la dignité humaine (PUF, 2002)Pour sa défense d'un humanisme universel, pour sa critique des défenseurs de l'avortement et pour son écriture riche et en même temps accessible.
7- John Saul, Réflexions d'un frère siamois (Boréal, 1999)
Ce livre m'a montré combien je ne connais rien du Canada et de son projet initial de faire une nation avec deux peuples fondateurs. M'a montré en quoi la vision nationale canadienne peut être intéressante. Je ne suis pas convaincu totalement (il me semble que ce rêve canadien est un échec puisque les minorités françaises hors Québec ont été quasiment assimilées), mais fait réfléchir. Excellente critique du nationalisme négatif présent souvent au Québec et dans l'Ouest.
6- David Bentley Hart, The Beauty of the Infinite: The Aesthetics of Christian Truth (Eerdmans, 2004)
Ce jeune théologien orthodoxe américain, influencé Grégoire de Nysse, Hans Urs von Balthasar et John Milbank - d'excellents enseignants à avoir! - est déjà considéré par plusieurs comme un des plus grands théologiens vivants. Et en effet quel souffle, quelle érudition, quelle capacité à utiliser l'ironie pour critiquer les idées qu'il combat! Un livre qui nous faire réfléchir et même rire par moment (c'est rare pour un livre de théologie!). Par contre, difficile à comprendre à l'occasion
5- Irène Fernandez, C.S Lewis: Mythe, raison ardente (Ad Solem, 2005)Livre splendide qui montre comment Lewis, grâce à sa foi chrétienne, tient ensemble à la fois la conscience mythique et la raison (les illuminés rejetent la raison, les rationalistes rejetent le mythe). Montre bien également l'analyse critique que fait Lewis de l'ontologie naturaliste.
4- Jean Baudrillard, La société de consommation (Gallimard, 1970)
C'est la première fois que je lis Baudrillard, le célèbre sociologue dit "postmoderne". Une critique sarcastique et féroce des mécanismes de la société de consommation. Ses analyses des publicités sont brillantes et souvent hilarantes. J'ai lu ce livre juste avant un show de Roger Waters donc j'imagine que l'esprit sixties dans lequel je me trouvais a influencé l'appréciation que je donne à cet ouvrage...
3- Jean-Claude Michéa, Impasse Adam Smith: Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche (Flammarion, 2006 (2002))
Michéa est présentement mon essayiste préféré. Il effectue ici une critique radicale à la fois de la pensée gauchiste et de la pensée de droite, les deux étants obnibulés par l'idée du Progrès et de la modernisation du monde (modernisation continue des moeurs pour la gauche, modernisation économiciste continue pour la droite). Il renoue à la fois avec les premiers socialistes et les anciens conservateurs (d'où sont adhésion, tout comme Orwell, à un "anarchisme tory") dans leur respect des traditions morales, de l'esprit du don et de la convivialité, contre l'industrialisation à outrance, quelle soit libérale-capitaliste ou marxiste. Si le terme "anarchisme conservateur" a un avenir, ce sera grâce à Michéa. En tout cas, comme dit Criquette dans Le Coeur a ses raisons, "moi, j'y crois".
2- Henri de Lubac, Catholicisme: les aspects sociaux du dogme (Cerf, 1938)
De Lubac est un géant de la théologie catholique du XXe siècle (il a eu une influence importante sur Vatican II). Un livre puissant qui nous donne accès aux ressources des Pères de l'Église et montre que la vision catholique est entièrement sociale, solidaire et créationnelle: l'union de tout ce qui existe en Jésus-Christ, avec l'Église comme "creuset où s'inaugure la réconciliation universelle". De la théologie catholique à son meilleur (en fait, ce livre est la meilleure apologie pour le catholicisme que j'ai lue jusqu'à présent).
1- Dietrich Bonhoeffer, Le prix de la grâce (Delachaux et Niestlé, 1967 (1937))
Si De Lubac constitue du "catholicisme à son meilleur", Bonhoeffer c'est du "protestantisme à son meilleur". J'ai remédié en 2007 à ce qui faisait ma honte en tant que théologien: ne pas avoir lu Bonhoeffer. Voilà, c'est fait. Et je ne vais probablement plus arrêter de le lire...Ce livre, avec celui de De Lubac, m'a revigoré spirituellement en mettant l'accent sur l'obéissance au Christ; l'Esprit de Dieu s'en est servi pour me réveiller et me montrer qu'il me faut rechercher le Royaume avant tout, que je suis incorporé au corps de Christ et donc appelé à être temple de l'Esprit, que je suis libéré et adopté par Dieu, bref, des vérités fondamentales de la foi chrétienne qu'on oublie souvent dans notre recherche d'être "cool" et "chrétien" à la fois...
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